L' ALOUETTE

Le jour commence à peine à blanchir les collines.
La plaine est grise encor ;
Au long des prés bordés de sureaux et d'épines,
Le soleil aux traits d'or
N'a pas encore changé la brume en perles fines ;

Et déjà, secouant dans les sillons de blé
Tes ailes engourdies,
Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
De jeunes mélodies,
Et tu vas saluer le jour renouvelé.

Dans l'air te balançant, tu montes et tu chantes,
Et tu montes toujours.

Le soleil luit, les eaux frissonnent blanchissantes ;
Il semble qu'aux enfours
Ton chant ajoute encor des clartés plus puissantes.

Plus haut, toujours plus haut, dans le bleu calme et pur,
Tu fuis allègre et libre ;
Tu n'es plus pour mes yeux déjà qu'un point obscur,
Mais ta voix toujours vibre ;
On dirait la chanson lointaine de l'azur.
 
ANDRÉ  THEURIET

 



Article ajouté le 2007-06-01 , consulté 22 fois

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